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 La femme Musulmane: Réalité et Perspectives (selon le Dr Cheikh TAHAR MAHDI)

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Féminin Nombre de messages : 33
Date d'inscription : 07/10/2008

MessageSujet: La femme Musulmane: Réalité et Perspectives (selon le Dr Cheikh TAHAR MAHDI)   Mer 8 Oct - 0:04



La femme musulmane réalité et perspective:


La femme musulmane souffre le plus souvent aujourd’hui d’une exclusion des différents domaines de la vie aussi bien sociale, éducative que politique. Autrement dit, de la vie tout court, ce qui lui complique la tâche et rend sa vie insupportable. Par conséquent tout espoir reste pour elle un rêve lointain, difficile d’accès, car l’homme s’entête à garder la main mise sur tout, sans lui laisser la moindre chance d’agir dans le champ social. Cela se passe ainsi tandis que le monde entier se dirige vers plus de libertés, d’émancipation et d’égalité, en d’autres termes vers une globalisation générale des droits humains.



Face à cette situation dégradante, les penseurs musulmans s’accusent mutuellement, se déchargeant ainsi de leurs responsabilités face à la position actuelle de la femme. Nous sommes les témoins d’une dichotomie certaine opposant un courant conformiste et un courant réformateur. Un tel climat tend à faire perdre tous les repères, et il devient impossible de déterminer les véritables obstacles qui empêchent la femme de contribuer à la vie quotidienne et à la construction de la société. Différents groupes sociaux se rejettent réciproquement leur part de responsabilité. D’un côté, le courant laïc explique l’absence de la femme du domaine social en accusant l’héritage réactionnaire traditionaliste, fruit des us et coutumes, il est bien évident que la tradition islamique est clairement visée. D’un autre côté le courant conservateur quant à lui soutient que le retour aux sources est la seule réponse à tous les maux de la femme musulmane.



Ce qu’il est important de remarquer c’est que tous les discours prononcés jusqu’à présent n’ont pu donner lieu qu’à des luttes intestines et vides de sens. D’ailleurs aux vues de leur rhétorique, on ne peut que constater que leurs discours sont symptomatiques de leur vision très réductrice de la femme et de son rôle.



S’agissant de certains courants intégristes, ils choisissent constamment la difficulté lorsqu’il est question de la femme, de ses droits et de ses devoirs. Ils vont jusqu’à déclarer publiquement que tout ce qui se rattache à la femme que ce soit l’éducation, la participation politique, sa tenue vestimentaire, son parfum, sa parure, et même la manière de marcher et de parler, sont déterminés dans les textes sacrés du Coran, de la sunna sinon dans le consensus de la communauté musulmane (ijmâ‘). Débattre de cela relève selon eux de la transgression et du blasphème, en conséquence les domaines de la réflexion intellectuelle sur les textes et sur leurs modes d’application ont complètement disparu pour annoncer la fermeture de la porte de l’ijtihâd.



Face à ce courant se place donc le discours des réformateurs lequel reste, au regard des précédents, un danger de premier ordre. Mais il faut reconnaître toutefois qu’au niveau de certains domaines sociaux de nombreuses réformes liées à la question de la femme se sont concrétisées dans les milieux islamistes modérés. Lesquels modérés croient en la contribution de la femme dans l’ensemble des domaines de la vie. En revanche cette réforme est considérée par les courants intégristes comme étant un danger certain.



Quant à certains courants d’inspiration gauchiste, ils considèrent que le discours oblique que tiennent les intégristes est la résultante directe d’une culture basée sur le droit musulman. Ils accusent alors à tort celui-ci d’être l’inspirateur de leur pensée, en conséquence ces mêmes accusateurs proposent comme seule alternative possible le mode de vie occidental, en valorisant en outre les spécificités de la coutume féminine orientale, mais au détriment du code de la famille musulmane.



On remarque donc une contradiction latente au sein du projet de ces derniers (toutes tendances d’inspiration gauchiste confondues), puisqu’ils exigent en même temps une chose et son contraire, d’une part l’occidentalisation des mœurs, et d’autre part la préservation des coutumes spécifiques à la femme musulmane. Cela provoque une grande suspicion envers tout ce qui est occidental dans ces sociétés conservatrices aujourd’hui encore.



Selon nous, il est impératif d’éviter d’attaquer la charia, qui ne gère plus la vie des musulmans, pour se concentrer sur les finalités du droit musulman, c’est-à-dire respecter la pensée religieuse des adversaires, ne pas se heurter aux évidences théologiques et enfin, comprendre les limites intellectuelles des adeptes des textes bruts.



On pense que le droit musulman dans sa forme actuelle ne constitue pas une explication fidèle et authentique du texte révélé, mais seulement une interprétation et souvent une lecture personnelle et peut être subjective des anciens penseurs et juristes de la communauté musulmane. Ce sont des choix juridiques basés sur la réalité de leurs besoins ne relevant d’aucun arrêt définitif de la solution juridique, mais plutôt une préférence légale soutenue par les diverses utilisations du texte comme la spécificité (takhsîs) de la portée du texte, sa généralisation (ta‘mîm), la considération de sa vérité linguistique (haqîqa) ou sa métaphore (majâz), sa version abrogée (mansûkh) ou abrogatoire (nâsikh), etc.



L’on reconnaît que les larges perspectives de l’ijtihâd cédées par le texte à la réflexion ont été durant des siècles et sont encore circonscrites. Ce qui ne l’était pas aux temps fastes de la civilisation musulmane. Il faut savoir que les textes révélés sont prompts à une multiplicité de sens, ce qui leur donne une flexibilité extraordinaire et une richesse unique, et par voie de conséquence ils permettent au juriste de rechercher librement les solutions aux problèmes de notre temps.



Notre persévérance sur le fait de trouver des solutions juridiques à partir des règles du droit musulman ou conformément à l’esprit des textes saints est dépendante de notre foi en la grandeur de la pensée islamique et en la crédibilité de l’apport civilisationnel de l’islam en général. Nous sommes à même de penser que plus la femme musulmane ressentira au travers du regard de sa société plus de respect et de reconnaissance, en lui rendant sa place légitime au sein de la structure humaine et sociale, alors elle saura occuper un rang prépondérant dans une époque qui ne la sollicite que plus.



Force est de constater cet état de fait, et de là des excuses sont nécessaires auprès de toutes les femmes musulmanes. En effet, alors que sur le plan national ou international, des débats plus importants sur la condition politique, économique, sanitaire ou sociale sont engagés, nous nous sommes intéressés à discuter plutôt que d’éléments, sans débats de fonds et qui pourrait sembler futiles aux vues de personnes dites civilisés, comme la tenue vestimentaire, la parure, le regard, etc.



En effet, ces discours nous semblent réducteurs surtout qu’ils se dressent certainement contre l’émancipation de la femme ; alors que cette dernière essaye d’atteindre des perspectives plus vastes. Certes, de plus amples domaines mériteraient une étude critique à part entière, tel que l’éducation, la culture, le sport et l’art.



Cela étant, au vue des polémiques ainsi posées, des explications sur ces sujets restent nécessaires ne serait–ce que pour apporter des informations référencées. La femme restera seule juge de cet apport, en effet, elle constitue un être tout entier, jouissant de toutes les qualités portées dans un cœur, semées dans une âme et érigées par un message.



Il suffit d’une simple étude pour se rendre compte de la gravité de la condition féminine dans le monde islamique aujourd’hui. Une situation qui lui est imposée au nom de l’islam par les gardiens de l’absolu. Nous avons vu par exemple qu’en Afghanistan non seulement les écoles de filles ont été fermées par le régime Taliban, mais l’on a délibérément soustrait toutes les femmes de la vie sociale en reniant tous les besoins immédiats de leur qualités et compétences ; et ce en les sommant de rester chez elles pour ne pas perturber l’ordre public. Car selon leur philosophie la femme est source de tentation (fitna), elle constitue par là même un danger immédiat ! En revanche, dans plusieurs autres pays musulmans, des femmes occupent des postes clés au sein des gouvernements. Prenons par exemple l’Iran qui a désigné une femme au poste de vice président, ou l’Indonésie qui a élu Megawati comme présidente de la république avec toute l’importance que cela induit dans la première nation musulmane en nombre (deux cents millions d’âmes), ou encore le Bangladesh (qui compte plus de cent millions de musulmans) et dont le gouvernement et l’opposition sont formés par des femmes. Pour s’en faire une idée claire, il faut savoir que dans ces pays les lois sont promulguées par des conseils de juristes et des théologiens prenant le Coran et la Sunna comme source de premier degré. Ils appliquent les peines islamiques dans la plupart des domaines de la vie avec l’appui de savants ayant étudié dans les plus grandes universités islamiques comme la prestigieuse université al-Azhar pour ne citer qu’elle.



Ces traitements reflètent les différences qui gouvernent la vision des musulmans envers la femme qu’il s’agisse de ses devoirs ou de ses droits dans le passé comme dans le présent. La diversité du comportement vis-à-vis de la femme n’est absolument pas une innovation contemporaine, plutôt qu’elle a toujours été la même tout au long de l’histoire et depuis que la communauté musulmane a dépassé l’espace qoraychite primitif. Et tristement, l’ensemble des adversaires de la femme en terre d’islam ou l’interprétation que les médias en ont donnée, considère le traitement des Talibans de la femme comme étant la guidance typique de l’islam. Procédé qui renforce son isolement et sa stigmatisation dans les sociétés islamiques tout en excluant sa contribution à la culture, à l’art, à la science et à l’éducation. Nous pensons que la finalité de cette exclusion sera d’instaurer une société masculine et machiste dans laquelle l’image de la femme ministre, porte parole du gouvernement, journaliste, universitaire, médecin, sera appelée à disparaître, et où finalement l’homme pourra garder la main mise sur elle.



Malgré la dénonciation que nous adressons à tous ceux susmentionnés, d’avoir été sélectifs en abordant les grandes questions de l’islam, nous ne recherchons pas à être innocenté d’avoir, quelquefois, procédé de la même façon. Seulement notre but est d’autant plus objectif qu’il se veut noble, puisqu’il vise à rétablir les droits fondamentaux de la femme et à la pousser à réinvestir sa place naturelle et légitime dans la vie sociale humaine au même titre que l’homme. Nous estimons que ce que nous essayons de faire passer est plus que jamais populaire dans les sociétés islamiques conservatrices et modérées, sans oublier l’appui inconditionnel des textes sacrés.



Il nous semble important de souligner que ce que nous soutenons n’est pas notre invention, car plusieurs juristes musulmans ont déjà donné un point de vue favorable sur les mêmes questions qui se rattachent à la femme.


*Article tiré du livre "Les vérités étouffées sur la femme en Islam"

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